Le spectacle

GROS-CALIN

de Romain Gary

Spectacle théâtral et musical d’après le roman de Romain Gary
création : 2004 / durée : 1h00
Mise en scène, jeu, accordéon : Yannick Barbe
Arrangements, violoncelle, chant : Catherine Exbrayat

groscalin

« – Il paraît que vous élevez un python ?
– Oui, il a déjà deux mètres vingt.
– Et il continue de grandir ?
– Non, je ne crois pas qu’il devienne plus grand. Il prend déjà toute la place que j’ai à lui offrir.
– Ça ne doit pas être commode de vivre tout le temps avec un reptile.
– C’est une question que je ne lui ai jamais posée, monsieur le directeur. »
(…)

SYNOPSIS
Aujourd’hui, Michel Cousin, modeste statisticien, a décidé de s’épancher. Les mots s’échappent de son esprit tortueux comme la vapeur d’une soupape, s’embrouillent, se nouent, vacillent, se noient, etretombent parfois sur leurs pieds dans de brusques sursauts d’enthousiasme. Dans une langue qui n’appartient qu’à lui, ce joyeux désespéré livre au spectateur les petits drames et les bonheurs insignifiants de sa vie. On rit, et l’instant d’après on a honte d’avoir ri, mais Cousin s’en moque : n’importe quoi plutôt que l’indifférence…
Un spectacle tout-terrain, en rapport constant avec le public, une plongée intimiste dans l’univers subtil et décalé du grand Romain Gary…

NOTE DE TRAVAIL

Du roman au spectacle
« Gros-Câlin » est né de l’envie d’apporter le théâtre et la littérature dans les lieux où ils n’ont pas
l’habitude d’aller. Il fallait donc pour cela un texte relativement court, accessible à tous, susceptible d’être mis en scène sans trop de contraintes techniques. La découverte du roman de Romain Gary fut une véritable révélation : ce personnage inclassable, bavard, drôle et tragique à la fois, ne demandait qu’à sortir de ses pages pour aller à la rencontre d’un auditoire.
L’idée de soutenir le texte avec un univers sonore s’est rapidement imposée, jusqu’à devenir
indispensable : aujourd’hui, « Gros-Câlin » n’est plus un monologue, mais bien un dialogue entre l’acteur incarnant au milieu du public le personnage dans tous ses états, et la violoncelliste-chanteuse-bruiteuse, part d’ombre de celui-ci.

Une pièce unique
Ce qui fait de « Gros-Câlin » un évènement singulier, c’est sa capacité d’adaptation, voulue dès le
départ. En effet, la très grande intimité avec le public et la volonté de pouvoir jouer presque n’importe où imposaient à ce spectacle de se recréer à chaque représentation, en fonction des espaces, des spectateurs, et du contexte dans lequel il est programmé. Chaque élément présent (tables, chaises, nourriture, téléphone, fenêtre, plante, spectateurs, paysages…) peut faire partie du spectacle à un moment ou à un autre.
La pièce ne nie pas l’environnement mais, sans jamais sortir du texte de Gary, l’intègre à l’histoire,
pour mieux vivre l’instant.
C’est, somme toute, notre définition du « spectacle vivant ».

Les représentations
Depuis sa première représentation en 2005, la pièce s’est glissée dans toutes sortes de contextes et d’espaces, comme par exemple, pour n’en citer que quelques-uns : Festival le Printemps des Bretelles, Strasbourg (restaurant) / MJC Abbaye, Grenoble / l’ADAEP, Grenoble (salle de spectacles) / Festival Textes en l’air, St Antoine l’Abbaye (en extérieur) / Musée du Montparnasse, Paris, à l’occasion de « Lire en Fête » (cabinet d’architecte) / Musée de Villard-de-Lans, à l’occasion de « Musées en fête » (une des salles du musée) / Espace 600, Grenoble (plateau de théâtre) / Veillées en Belledonne (salle polyvalente) / Festival des Mots d’amour, Baume les Dames (église) / Festival les Plans d’Avril, Paris (hall d’un théâtre) /Café-Epicerie les Bas-Côtés, Grenoble / Festival Brin d’Air, Chambéry (théâtre à l’italienne)…Il y a eu aussi des bars, des commerces, un hôtel, une cave, des appartements, des cours intérieures…

« Michel Cousin nous raconte son histoire dans la lumière chaude et tamisée d’une scénographie de
cabaret : nous assistons aux  » épanchements de comptoir d’un petit fonctionnaire amoureux, l’histoire intime et anonyme d’une solitude dans le grand Paris ». Mademoiselle Dreyfus et « son doux accent des îles » tourneboule Michel Cousin dont les émotions sont sens dessus dessous. Gros Câlin, son python domestique et lui, vont tenter de la séduire.
Le texte du Roman de Romain Gary, adapté pour le spectacle est absolument savoureux. Les mots sont
maitrisés, le phrasé rythmé dans une succession d’images et de métaphores drôles, hilarantes, attristantes,
réveuses… L’adaption donne lieu à un monologue très bien interprété par le comédien Yannick Barbe et tout le long accompagné par les sons du violocelle et la voix de Catherine Exbrayat.
Le monologue écrit s’entrecroise avec un dialogue musical entre violoncelle, accordéon et voix : que des
compositions originales et prenantes. »
ARTICLE PARU SUR LE SITE HAPPY CULTURE

QUELQUES EXTRAITS

« – Il paraît que vous élevez un python ?
– Oui, il a déjà deux mètres vingt.
– Et il continue de grandir ?
– Non, je ne crois pas qu’il devienne plus grand. Il prend déjà toute la place que j’ai à lui offrir.
– Ça ne doit pas être commode de vivre tout le temps avec un reptile.
– C’est une question que je ne lui ai jamais posée, monsieur le directeur. »

(…)

« Cela fait maintenant dix mois que je prends tous les matins l’ascenseur en compagnie de Mlle Dreyfus, et en additionnant les temps de parcours, on arrive à un total assez impressionnant.
Il y a onze étages, et pour me changer les idées, je donne un nom différent à chaque étage: Bangkok, Ceylan, Hong-Kong, Singapour… comme si je faisais une croisière avec Mlle Dreyfus. C’est marrant, quoi. »

(…)

« J’ai pris Gros-Câlin sur mes épaules, et nous sommes restés là, un bon moment, à nous sentir bien ensemble. Beaucoup de gens se sentent mal dans leur peau, parce que ça n’est pas la leur. »

(…)

 » Et puis, il y a les petits riens.
Une lampe qui se dévisse peu à peu sous l’effet de la circulation extérieure et qui se met à clignoter.
Quelqu’un qui se trompe d’étage et qui vient frapper à ma porte.
Un glouglou amical et bienveillant dans le radiateur.
Le téléphone qui sonne et une voix de femme, très douce, très gaie, qui me dit : «Jeannot ? C’est toi, chéri ? », et je reste un long moment à sourire, sans répondre, le temps d’être Jeannot et chéri…
Dans une grande ville comme Paris, on ne risque pas de manquer. »

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